Sophie, tu as deux ans aujourd’hui. J’ai attendu 7 mois, puis 9 mois, puis 32 heures avant que tu ne pointes le bout de ton nez. Désormais, j’attends que tu veuilles bien t’endormir, que tu sortes enfin de ton bain, que tu finisses ta purée, que tu daignes t’habiller et que tu acceptes de partir du jardin d’enfants, bordel.

Sophie, tu as deux ans aujourd’hui. Tu veux explorer les lointaines contrées (de notre pas de porte au jardin du voisin), tu veux grimper toujours plus haut vers le ciel (du tabouret vers l’interrupteur) et nager jusqu’à plus soif.

Sophie, tu as deux ans aujourd’hui. Tu comptes les couleurs à la perfection : les fleurs sont toujours « bleu, quatre, deux ». Tu sais jouer à « cache-cache soleil » en mettant une couverture sur ta tête pour te rendre invisible et tu transformes ta mère en éléphant grâce à une « baguette-canne-à-pêche-magique ».

Sophie, tu as deux ans aujourd’hui. Tu sais ce qu’est la possession. Quand je te dis : « va chercher ton doudou et ta tétine », tu réponds : « oui, chèché mon doudou, mon tétine ». Et ta logique est imparable : quand je te dis : « Oh, tu es ton-bée par terre ma chérie », tu réponds : « Oui, mon-bée, moi. »

Sophie, tu as deux ans aujourd’hui. Tes gènes d’artiste ne font plus de doute. Tu peins des pâtés à la perfection, tu tagues ton nom sur tous les supports que tu trouves et chaque soir, tu nous offres un dîner-spectacle avec chants et danses « extra-culturels » (en dehors de toute culture connue sur terre).

Sophie, tu as deux ans aujourd’hui. Ton imaginaire n’a pas de limite. Les bonnes nuits, tu rêves de Mouk et Chabapa parcourant le monde à vélo, les mauvaises, tu rêves invariablement de chaussures perdues.

Sophie, j’ai deux ans de plus aujourd’hui. Je n’ai pas peur de te voir crapahuter - au risque de te couper la langue. Je n’ai pas peur de te laisser 10 heures durant à la crèche – au risque de te faire mordre le dos par ce satané Gabriel. Je n’ai pas peur de te voir grandir – au risque de ne plus avoir assez de pulls à ta taille. Ce qui me fait le plus peur, c’est la confiance aveugle que tu as en moi. 

Sophie, tu as deux ans aujourd'hui et de la poussière d'étoile dans les yeux (à moins que ça ne soit une petite crotte). 

 

on a du style ou on ne l'a pas 2

Vous remarquerez le look prometteur.