Il y a cette dame corse, sans la moindre esquisse d’un sourire, qui déballe ses infos utiles : « La supérette est ouverte de 8h à 12h et de 17h à 20h ; la barrière est fermée à 23h ; l’emplacement doit être libéré avant 12h ; Vous avez une rallonge et l’adaptateur pour le branchement électrique ? Ah oui madame il le faut ».

Et puis il y a ces allées, ces terrasses, ces étendues de pelouse et ces oliviers qui offrent la précieuse ombre, ce parfum de vacances.

Il y a ces pancartes jaunes fluo suspendues aux arbres, ces plaques d’immatriculation, ces caravanes italiennes, ces tentes parisiennes, ces vans allemands, ces tentes deux places, familiales, ces caravanes italiennes, ces Italiens.

Et puis il y a cette activité croissante du matin, ces croissants pris à la supérette.

Camping Paradis2

Il y a ces va-et-vient incessants, ces envies pressantes, ces pas nonchalants, ces tongs qui claquent, ces rouleaux de papier rose à la main.

Il y a ce mystère à élucider : la remorque des voisins qui disparaît tous les matins et revient tous les soirs.

Il y a cette dame parée d’un collier qui n’est autre que le rouleau de papier rose tenu par une ficelle. On sourit et puis on se dit que ça doit être très pratique en pratique.

Il y a ces moustiques, ces araignées, ces guêpes, ce scorpion. Ces piqûres de rappel à la nature.

Et puis il y a ce petit garçon qui joue avec les fourmis. Ces fourmis qui jouent avec un cadavre d’oisillon tombé raide du nid. La nature.

Il y a cette poussette double, un body bleu, un body rose. L’un pleure, l’autre dort, l’un crie, l’autre sourit.

Et puis un soir la remorque est ouverte. Des planches à voile à l’intérieur. Le mystère est levé.

Il y a ce râleur qui n’aime ni les piqûres ni les épicuriens. Allongé sur son matelas trop grand pour entrer dans sa tente, il dort à la belle étoile.

Et puis il y a cette belle étoile.

Il y a ces nuits troublées par les cris affamés, les branches qui frôlent la toile synthétique, le coq pas très ponctuel, les grains de sables qui s’incrustent sous les draps.

Et puis il y a ces bébés globalisés. Un sourire, un bras secoué, une onomatopée lâchée suffisent pour briser la barrière internationale.  

Il y a ces heures de pointe devant ‘les portes des nécessités’. Ces odeurs douteuses, les regards polis, le pied qui tapote le sol.

Et puis il y a cette soirée magique, quand soudain la voix enchanteresse d’une berceuse italienne couvre le bruit des verres qui trinquent. Les zips des tentes retentissent. Les yeux des bébés campeurs s’alourdissent. 

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